Début octobre, j'ai profité d'une conférence donnée au Musée du Textile sur le thème "Clés pour comprendre la Malaisie" (très intéressante d'ailleurs) pour visiter ce musée.
Moi qui adore le tissu, je suis restée émerveillée devant des batiks, et j'ai voulu en apprendre plus.
Voici les éléments que j'ai pu récolter :
Qu’est-ce que le batik ?
Le Batik est un mot
d'origine malaise et indonésienne qui se traduit par "ce qui se dessine,
s’écrit, se peint". Il est en
coton, en soie, c’est un tissu fleuri ou à motifs géométrique.
D’où est-il originaire ?
Des
découvertes historiques ont montré que la technique du batik existait déjà en
Egypte au 4ème et 5ème siècle avant Jésus-Christ : des étoffes
teintes avec de la cire étaient utilisées pour envelopper les momies.
La technique du batik a ensuite été utilisée en Chine, Inde, Japon à partir du
7ème siècle.
En Afrique,
on retrouve cette technique utilisée au Nigeria et au Sénégal. Le batik
s’étendra par la suite à la Sierra Léone, aux deux Guinée, Conakry et Bissau,
au Mali, au Burkina et à la Côte d’Ivoire.
Mais le vrai
essor du batik intervient en Indonésie, sur l’île de Java où il devient un
véritable art, au 12ème et 13ème siècle.
Le batik
malaisien diffère du batik indonésien par un style plus épuré et des motifs
couvrant de plus grandes surfaces de tissu.
Un tissu inscrit
à l’Unesco
En 2009,
l’Unesco souhaite officialiser le fait que « souvent transmis de génération en
génération au sein des familles, l’art du batik est intimement mêlé à
l’identité culturelle du peuple indonésien et en exprime la créativité et la
spiritualité, au travers des significations symboliques de ses couleurs et
dessins. »
Le batik indonésien est alors inscrit sur la Liste représentative du patrimoine
culturel immatériel de l’humanité.
Fabrication du tissu batik
C'est un art
de patience et de minutie car la technique du batik consiste à teindre le
tissu, après avoir enduit de cire les parties à réserver. Le tissu va ainsi
subir plusieurs bains de teinture, en fonction des motifs et du nombre de
couleurs du tissu. Au fur et à mesure, la cire est
éliminée du tissu et seules les parties non enduites sont colorées.
Finalement
on obtient un tissu où se mêlent différents tons ou contrastes juxtaposés ou superposés,
formant toutes sortes de motifs. Selon la taille, le nombre de couleurs à
appliquer et les motifs, la fabrication d’un batik peut prendre d’une semaine à
plusieurs mois.
Voici les
principales étapes de fabrication :
- dessiner sur le tissu le motif final à reproduire (cette opération n'est pas indispensable)
- protéger des zones du tissu contre la coloration par l'application de la cire chaude
- appliquer des couleurs : par trempage dans des bains de teinture ou en peignant des teintures directement sur le tissu
- recommencer les opérations 2 et 3 successivement pour chacune des couleurs en allant des couleurs claires aux plus foncées
- à la fin : ôter la cire, soit avec un fer à repasser, soit par trempage dans l'eau bouillante.
Fin novembre, j'ai eu l'occasion de participer à un atelier batik.
J'avais 2 heures pour peindre un sac en toile selon la technique du batik. L'étape la plus difficile est celle qui consiste à repasser son motif à la cire : en effet, le godet utilisé ne permettait pas un versement régulier, et du coup je me suis retrouvée avec de grosses taches de cire ! De plus, le bec verseur se bouchait sans cesse. Il faut dire que la gestion de la température de la cire est délicate : trop chaude, elle gicle, trop froide, elle se solidifie et bouche l'orifice. Sans parler de la peinture qui bavait ...
Bref, je ne suis pas encore une pro du batik : jugez par vous-même :
![]() |
En haut à gauche et à droite : un exemple de travail en cours, réalisé par des locaux ! / en bas à gauche : l'outil pour verser la cire : un calvaire ! |
![]() |
Face A de mon sac |
![]() |
Face B ... |
Si ça vous tente de faire vous-même votre batik, suivez le lien ci-dessous qui vous donnera un mode d'emploi détaillé :
http://fr.wikihow.com/faire-du-batik